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Quand le chaos devient un business d’État

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Colombie, Venezuela, Japon : la terre tremble, de l’Asie aux Caraïbes. Partout, les dégâts matériels et humains sont considérables. Ce week-end, un tremblement de terre de magnitude 7,7 a frappé l’Indonésie, laissant derrière lui un bilan provisoire de 38 morts, des centaines de blessés et de nombreux disparus. Les recherches se poursuivent et le bilan pourrait encore s’alourdir.

Pendant ce temps, en Haïti, où les stigmates du séisme dévastateur de 2010 restent encore grands ouverts, l’impréparation demeure totale. Nous n’avons rien appris : ni dans la façon dont nous construisons, ni dans le choix des matériaux, ni dans l’occupation des zones à risque. Le danger est imminent. Hélas !

Nous vivons à la merci des catastrophes naturelles, toutes plus dévastatrices et meurtrières les unes que les autres. Les dernières inondations qui ont frappé le pays, notamment dans les communes côtières du Sud, sont une preuve tangible de l’indifférence de l’État face à nos problèmes, même les plus élémentaires.

Mais derrière cette insouciance criminelle se cache une réalité connue de tous : le chaos devient un business d’État. Tremblements de terre, inondations, massacres, occupation illégale des routes, déplacements massifs de personnes : ces événements tragiques constituent, paradoxalement, une aubaine pour ceux qui sont censés administrer la cité. Ils en profitent pour s’enrichir, acheter de nouvelles résidences, s’offrir des véhicules blindés ou des SUV flambant neufs, renflouer leurs comptes bancaires et refaire une santé financière. Puisqu’en Haïti, la demande de reddition de comptes n’existe tout simplement pas.

Et pourtant, notre histoire devrait nous servir d’avertissement. Les dates sont là, implacables, pour nous rappeler que le danger n’est ni hypothétique ni lointain.

7 mai 1842. 12 janvier 2010. 14 août 2021. Trois dates, trois tragédies, trois rappels de notre vulnérabilité. Et pourtant, qu’avons-nous réellement appris ?

Selon les scientifiques, Haïti est traversé par plusieurs failles majeures susceptibles de provoquer, que l’on veuille ou non, un nouveau séisme important. Cependant, ces menaces semblent loin d’être suffisantes pour mettre en branle l’appareil de l’État. Les tremblements de terre qui touchent nos voisins devraient nous servir de rappel. Ce n’est malheureusement pas le cas.

Alors, la question n’est plus de savoir si un autre séisme frappera Haïti, mais de savoir dans quelles conditions nous serons lorsque la terre recommencera à trembler.

Aujourd’hui, la seule certitude que nous avons est terrifiante : les rares centres de santé encore fonctionnels ne disposent pas des ressources matérielles et humaines suffisantes pour répondre à une pareille situation, et les soi-disant services de secours sont complètement désuets et sous-équipés.

L’histoire nous a déjà prévenus. Le prochain séisme, lui, ne nous préviendra pas.

Écrit par Jodel ALCIDOR, journaliste
Ma plume au service de ma communauté.

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